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Archive pour 8 mai 2008

«Respecter le « numerus clausus » contre la surpopulation carcérale»

Jeudi 8 mai 2008

NumeruscircusLa Campagne «Trop c’est trop», qui a été lancée depuis Lyon voilà près de deux ans, se bat contre la surpopulation carcérale, en exigeant le respect du numerus clausus. Elle organise une soirée ce lundi aux Bouffes-du-Nord à Paris. Cela s’appelle Numerus circus, avec des artistes comme les Têtes raides, Lo’Jo,  Bertrand Tavernier, Marc Perrone, etc (1). Bernard Bolze, coordinateur de la campagne, explique le combat de cette dernière, et la faiblesse des mobilisations politiques rencontrées…

 

Comment résumer le combat mené par la campagne «Trop c’est trop» depuis janvier 2006 ?

 

C’est une campagne menée spécifiquement ­contre la surpopulation carcérale, en demandant le respect du numerus clausus, nombre clos, arrêté, pour chaque prison. Le terme a l’inconvénient de ne pas être compréhensible pour tout le monde, mais on peut le résumer ainsi : dans une place, une personne. C’est le droit à l’encellulement individuel, pour ceux qui le souhaitent. Cet angle d’attaque précis et ponctuel ne prétend pas traiter de l’immensité des problèmes qui se posent à la prison. Mais si le numerus clausus était respecté, un problème important serait réglé.

 

Cela peut aussi constituer un encouragement à construire de nouvelles places?

 

Il y a trois façons de faire respecter le numerus clausus. En limitant les incarcérations lorsqu’il n’y a plus de place. En faisant sortir des détenus proches de la fin de leur peine, par l’aménagement, souhaitables pour les victimes puisque les sorties sèches favorisent la récidive. Enfin en construisant d’autres prisons. Mais nous nous opposons à la construction de nouvelles places, nous avons toujours été clairs sur ce point. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas remplacer les prisons les plus vétustes.

 

La campagne dure depuis plus de deux ans. La soirée d’aujourd’hui correspond-elle à une échéance précise ?

Oui, celle du 15 juin 2008. Au départ, les parlementaires avaient décidé, en 2000, qu’au 15 juin 2003, l’encellulement serait individuel. Puis, le 12 juin 2003, la France, prétextant n’avoir pas eu le temps de s’y préparer, l’échéance a été reportée au 15 juin 2008. Nous craignons que cette fois-ci encore, à la faveur d’un vote nocturne, il y ait un report. Ce ne sera jamais le bon moment pour faire appliquer le numerus clausus. Il n’y aura jamais assez de place. Donc le bon moment, c’est maintenant. Il faut une forte mobilisation, une forte attention publique, pour exiger cela.

 

Quels soutiens politiques avez-vous trouvés sur cette question ?

 

L’idée de la surpopulation carcérale et de ses effets est devenue un lieu commun, une réalité sue de tous, et rappelée régulièrement dans les médias. Mais elle n’envahit pas le quotidien, elle ne s’impose pas comme prioritaire. Peut-être parce qu’elle ne touche la société qu’à sa marge. Nous avons reçu beaucoup de soutiens politiques cependant. Ceux de Marielle de Sarnez (Modem), de Dominique Strauss-Khahn (PS), de Julien Dray (PS), de Christine Boutin (UMP), du Parti communiste, des Verts. Mais les élections se gagnant désormais sur des thématiques sécuritaires, nous n’avons pas réussi à faire vivre ce combat ces derniers mois. Pendant les présidentielles, la gauche a été très timorée sur cette question. La candidate Ségolène Royal a été abreuvée d’informations sur cette question, mais elle l’a délibérément laissée de côté . Elle n’a répondu à aucune de nos sollicitations.

 

Il y a cinq ans, votre campagne sur la double-peine avait réussi à convaincre Nicolas Sarkozy de faire voter sa quasi-disparition de la double peine. Quel écho avez-vous rencontré cette fois de l’Elysée ?

 

Il y a eu, je crois, une vraie perspective d’être entendu par l’équipe de Sarkozy, dans les huit ou dix premiers mois. Nous avions de bons contacts. Avant Noël, nous avons cru qu’il y avait la possibilité qu’il réalise un coup politique, comme il l’avait fait avec la double peine. Durcir la législation, avec notamment les peines plancher, et en même temps prendre la gauche de vitesse sur une question qu’elle aurait dû régler depuis longtemps. A présent, nous sentons que c’est trop tard. Le degré de déception dans l’opinion et surtout chez les parlementaires UMP est si fort, la défaite aux municipales si magistrale, qu’il n’osera plus franchir ce pas. Fragilisé, il ne peut réagir qu’en mettant la barre tout à droite.

 

 

Propos recueillis par Ol.B., article paru sur LibéLyon.fr.

(1) Nunerus Circus : Bouffes du Nord. 37 bis, Bld de la Chapelle, 75010 Paris. 20h. 14 euros. Le site de la campagne : www.tropctrop.fr

 

Dans la colonie pénitentiaire, Philipp Glass

Jeudi 8 mai 2008

Avant l’ouverture de la prison de Corbas, l’Opéra de Lyon a programmé avec le SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) dans les bâtiments de la nouvelle prison plusieurs représentations d’un spectacle, du 23 janvier au 4 février 2009. Il s’agit de In the penal colony, un opéra de chambre de Philipp Glass inspiré  de la Colonie pénitentiaire de Kafka.

L’objectif déclaré est de présenter au public la nouvelle Maison d’arrêt de Lyon, en remplacement de celles de Saint Paul, Saint Joseph et Montluc. Les spectateurs sont ainsi sensés suivre le parcours des familles qui rendent visite aux détenus en parloir, et par là-même de découvrir le monde carcéral de l’intérieur à l’occasion d’un spectacle.

Par ailleurs, comme plusieurs institutions culturelles de Lyon et de la région, l’Opéra de Lyon intervient en prison, au centre pénitentiaire de Saint Quentin Fallavier. Des activités artistiques sont menées par des musiciens et des chanteurs de l’Opéra à destination des détenus, ainsi que des spectacles pour faire découvrir les spectacle de l’Opéra. Ces activités sont menées notamment en collaboration avec GFC construction (Bouygues), qui participe également à  la construction d’établissements pénitentiaires (en particulier le centre pénitentiaire de Bourg-en-Bresse).

Si les actions culturelles en détention ne sont pas spécifiques à l’Opéra, il convient néanmoins de reconnaître l’utilité de ces projets pour les détenus. Ce qui n’empêche pas de se poser des questions sur les positions de certains acteurs de ces programmes. En revanche, la présentation d’un établissement carcéral comme lieu de spectacle est tout à fait contestable, tant du point de vue de l’efficacité (pour faire découvrir la vie en détention à un public non averti) que de la légitimité (en présentant une création artistique dans une institution judiciaire de privation de liberté).

Le partenariat de l’Opéra avec le centre pénitentiaire. 

Le spectacle de l’Opéra dans la prison de Corbas.

Les projets de GFC construction . 

Loi sur la Rétention de Sûreté

Jeudi 8 mai 2008

Mercredi 14 mai à partir de 19h

à l’Antre Autre (11 rue Terme, Lyon 1er, métro Hôtel de Ville)

le Génépi organise une soirée d’information

à propos de la loi sur la rétention de sûreté.

La soirée s’ouvrira sur la projection du film Rétention de sûreté, une peine infinie, de Thomas Lacoste, puis sera suivie d’une discussion avec les bénévoles du Génépi pour mieux comprendre la réforme et ses enjeux.

La loi sur la rétention de sûreté:

Le 25 février 2008 a été promulguée la loi sur la rétention de sûreté et sur la déclaration d’irresponsabilité pénale, après un vote en procédure d’urgence au Parlement et la saisine du Conseil constitutionnel. Pendant toute la procédure d’adoption, elle a fait l’objet de vives polémiques, tant sur le mode de procédure que sur les conséquences pénales du texte.

Si elle ne sera effectivement en application que dans une quinzaine d’années, cette loi a néanmoins des conséquences majeures sur les politiques pénales et carcérales et sur les principes fondamentaux du droit.

Rétention de sûreté, une peine infinie:

Huit intervenants, praticiens, militants et chercheurs prennent ici la parole pour déconstruire méticuleusement ce populisme pénal prôné par le chef de l’Etat, qui a dicté l’adoption de la loi sur la Rétention de sûreté, et le populisme constitutionnel qui veut l’appliquer par-delà les principes supérieurs de notre droit.